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On rappelle qu'un groupe abélien est un groupe commutatif.
Proposition
Un groupe abélien est de type fini si et seulement si il existe un homomorphisme surjectif de
sur pour un certain , c'est-à-dire s'il est isomorphe à un quotient de
par un de ses sous-groupes1.4.
Plus précisément, est alors engendré par éléments, si est minimal.
Cela nous servira pour la proposition ![[*]](/images/crossref.png) .
Démonstration: En effet, supposons que est finiment engendré, par
. Considérons alors l'application de
dans définie par
. Puisque est engendré par les ET est commutatif, cette application est surjective. Il est clair que c'est un morphisme puisque est commutatif. Donc est isomorphe au quotient de
par le noyau de ce morphisme, d'où le résultat.
Réciproquement, supposons que l'on ait un morphisme surjectif de
sur ; alors il est égal à l'homomorphisme
, avec l'image de
(voir la remarque de la partie ). Il est donc clair que est engendré par les .
Définition [Somme]
Soit
une famille de groupes abéliens. On note
l'ensemble des familles
avec
et les presque tous nuls; c'est un groupe abélien pour l'addition terme à terme; on l'appelle somme des groupes .
Si , on identifie à l'ensemble des
tels que
 .
Si
alors on note
.
Proposition [Propriété universelle des groupes abéliens]
Etant donnée une famille
de groupes abéliens, un groupe abélien, un homomorphisme de sur , alors il existe un unique homomorphisme de
vers tel que la restriction de cet homomorphisme à soit .
Démonstration: Considérer
.
Définition [Somme directe]
étant un groupe abélien, les étant des sous-groupes de , alors:
les sont dits en somme directe si l'application canonique de
 dans qui à
associe
est injective. On identifie alors son image avec
.
On dit que est somme directe des si l'application est bijective. On note alors (abusivement)
.
Proposition
abélien, famille de sous-groupes, alors les sont en somme directe si
avec
(support fini) implique
.
Définition [Groupe de torsion]
Un élément d'un groupe est dit élément de torsion s'il est d'ordre fini .
Un groupe abélien est dit de torsion si tous ses éléments sont d'ordre fini.
Etant donné un nombre premier, un groupe abélien est dit de -torsion si tous ses éléments sont d'ordre une puissance de .
Un groupe abélien est dit libre s'il est isomorphe à
pour un certain
.
On appelle sous-groupe de torsion d'un groupe abélien le sous-groupe constitué par les éléments de torsion1.5.
Proposition
Un groupe de torsion1.6 et de type fini est fini.
Démonstration: En effet, si est de type fini et abélien, alors c'est un quotient de
, par la proposition ![[*]](/images/crossref.png) .
On considère alors le ppcm des ordres des générateurs donnés par la proposition ![[*]](/images/crossref.png) . L'ordre de tout élément est alors un diviseur de . L'homomorphisme surjectif de
dans son quotient a pour noyau un ensemble contenant
. Donc il se factorise à travers
(voir le théorème ![[*]](/images/crossref.png) ). Donc le groupe est de cardinal plus petit que .
Les deux théorèmes ci-dessous sont donnés sans démonstration (laissées aux lecteurs
pour exercice!).
Théorème
Tout groupe abélien sans torsion de type fini est libre .
Tout sous-groupe d'un groupe libre est libre.
Deux groupes libres
et
sont isomorphes si et seulement si .
Tout groupe abélien de type fini est produit d'un groupe libre et d'un groupe de torsion. Cette décomposition est unique à isomorphisme près.
Théorème
Tout groupe abélien fini s'exprime de manière unique sous la forme
avec
, et .
Les sont appelés facteurs invariants du groupe.
La décomposition ainsi obtenue est appelée décomposition cyclique du groupe .
Cette décomposition a de nombreuses conséquences :
Corollaire
Soit un groupe abélien fini; il existe un élément d'ordre le ppcm des ordres des éléments
du groupe.
Démonstration:
Soit un groupe abélien fini.
La décomposition cyclique nous permet d'écrire sous la forme
On considère un élément
de ce produit.
L'ordre de est le ppcm des ordres des ; or l'ordre
de divise , qui lui-même divise .
Le ppcm des ordres est donc en fait un diviseur de ,
donc c'est lui-même.
L'élément
convient donc (on peut remplacer
par n'importe quel générateur de
).
Autre conséquence:
Corollaire
Soit un groupe abélien fini. Pour tout diviseur de , il existe un sous-groupe de d'ordre .
Démonstration:
On écrit sous forme:
Décomposons en facteurs premiers:
Définissons:
Puisque et
, on arrive à se "débarasser" de chaque facteur premier de
dans l'un des , et donc
.
Pour tout , divise .
Dans un groupe cyclique, il existe un sous-groupe du cardinal de n'importe quel diviseur de l'ordre du groupe, donc dans
il existe un sous-groupe de cardinal .
Le produit des est un sous-groupe de de cardinal .
Quelques autres corollaires, sans preuve:
Corollaire
Soit un groupe abélien fini. Soit
la décomposition de en facteurs premiers. Alors pour tout
il existe un et un seul sous-groupe de de cardinal . En outre, est isomorphe au produit des .
Les , uniques, sont appelés les composantes primaires du groupe commutatif .
Notes
- ... sous-groupes1.4
- Notez qu'il peut s'agir du quotient de
par n'importe quel sous-groupe, puisque
étant commutatif, tous ses sous-groupes sont distingués
- ... torsion1.5
- On vérifie facilement qu'il s'agit bien d'un sous-groupe.
- ... torsion1.6
- Sous-entendu: abélien (un groupe de torsion est abélien par définition).
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C_Antonini,J_F_Quint,P_Borgnat,J_Bérard,E_Lebeau,E_Souche,A_Chateau,O_Teytaud
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