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Un Tsunami au Jury de l'Agrégation

Envoyé par Myrtille-la-douce 
Myrtille-la-douce
Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
[attachment 22627 Demission-30-membres-jury-agreg-maths.pdf]

Voici donc le texte rendu public !

Je transmets, mais ne fais point de commentaire. Bonne soirée.
[attachment 22628 Demission-30-membres-jury-agreg-maths.pdf]

Démission d’un quart du jury de l’agrégation externe de mathématiques : les effets de la masterisation.1
Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.
La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.
Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire. Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation profession- nelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.
Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.
Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité. Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.
1. Nous rendons public ce texte le 13 février 2012. Les jurys étant constitués pour chaque session, notre « démission » est en fait un refus de participer au jury pour la session 2012.
La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion2). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.
L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État3. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.
La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité.
Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.
À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.
Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps
2. [smf.emath.fr] 3. [arianeinternet.conseil-etat.fr]
alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.
Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond.
Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.
Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.
La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?
Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves.
Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nos médailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe.
Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons.
Liste des trente démissionnaires*
Dominique Barbolosi
Professeur, université d'Aix-Marseille
Daniel Bennequin
Professeur, université Paris Diderot
Laurent Bernis
Professeur de classes préparatoires, lycée Kerichen, Brest
Franck Boyer
Professeur, université d'Aix-Marseille
* Olivier Brinon
Maître de conférences, université Paris-Nord
Marie-Line Chabanol
Maître de conférences, université Bordeaux 1
René Cori
Maître de conférences, université Paris Diderot
Hubert Correia
Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux
* Clément De Seguins Pazzis
Professeur de classes préparatoires, lycée Sainte-Geneviève, Versailles
Sandrine Dozias
Professeur de classes préparatoires, lycée Descartes, Tours
* Denis Favennec
Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux
Jean-Christophe Feauveau
Professeur de classes préparatoires, lycée de Bellevue, Toulouse
Françoise Fontanez
Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur
Jean-Claude Fort
Professeur, université Paris Descartes
Serge Francinou
Professeur de classes préparatoires, lycée Charlemagne, Paris
Isabelle Gaudron
Maître de conférences, université Paris-Nord
Hervé Gaussier
Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble
Stéphane Gonnord
Professeur de classes préparatoires, lycée du Parc, Lyon
Thierry Klein
Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble
Bernard Loiseau
Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur
Edith Méthou
Professeur de classes préparatoires, lycée Victor Hugo, Besançon
Nicolas Meunier
Maître de conférences, université Paris Descartes
Rached Mneimné
Maître de conférences, université Paris Diderot
Sylvie Monniaux
Maître de conférences, université d'Aix-Marseille
Bertrand Philibert
Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur
Simon Riche
Chargé de recherche, CNRS, Clermont-Ferrand
Antoine Rousseau
Chargé de recherche, INRIA, Montpellier
Monique Teillaud
Directrice de recherche, INRIA, Sophia Antipolis
Emmanuel Thomé
Chargé de recherche, INRIA, Lorraine
Jacques-Arthur Weil
Maître de conférences, université de Limoges
*
Les 3 collègues signalés par un astérisque ont cependant accepté de corriger l'écrit.
Pièces jointes:
ouvrir | télécharger - Demission-30-membres-jury-agreg-maths.pdf (64.6 KB)
ouvrir | télécharger - Demission-30-membres-jury-agreg-maths.pdf (64.6 KB)
jordy
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Cette réaction me fait du bien. Mais il y a combien de personnes au total dans le jury 2011 ?
gigi31
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Merci beaucoup pour l info je mets egalement en ligne ce lien sur un rapport de la cour des comptes sorti la semaine derniere - et c est egalement la pagaille pour les lettres classiques (entendu sur france info ce matin)

[www.lemonde.fr]

bonne soiree
gigi31
jordy
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
30 démissionnaires, ça ne fait pas un tsunami mais ça fait quand même plus d'un quart du jury 2011.
Humble
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Mais avec Simon Riche parmi les démissionnaires, c'est plus qu'un Tsunami !
ptolemee
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
C'est très bien de faire un coup d'éclat pour attirer l'attention sur la situation. Et puis avec Mneimné, Francinou, Gonnort, Cori, Bennequin, etc, etc : pour qui connait un peu l'agreg de maths, il y a des noms qui parlent particulièrement...

Par contre, concrètement, que va-t-il se passer cette année ? Doit-on comprendre entre les lignes que le jury (l'actuel désormais) va, lui, accepter l'injonction du ministère de limiter le nombre d'admissibles pour respecter les contraintes de calendrier (et même en pire, puisqu'il y a du coup moins de membres de jury pour corriger l'écrit et évaluer l'oral) ?

Si cette démission permet une vraie amélioration ensuite, elle est clairement louable, au-delà de difficultés supplémentaires cette année, à mon humble avis. (Et puis rien n'interdit de les réintégrer dans le jury l'année prochaine, si ?) Voyons si les médias relayent l'info...
Ah... Simon Riche!

Notre Major de la classe de sup du Parc et aussi de la MP*!

De manière plus générale, peut-être y aura-t-il une réaction
de la part de ce cher gouvernement (remarque, ils leur
reste peu de temps... et tant mieux!)
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Christophe ! C'est le moment de candidater au jury de l'agreg !
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Remarque, le Diogène du forum...
Bon, je n'ai pas trouvé l'info de gigi concernant l'agreg de lettres en revanche je suis tombé sur ça pour ceux que ça peut intéresser

Lettre de démission du jury du Capes de lettres classiques:

Paris, le 14 juillet 2010


Les membres soussignés du jury du Capes de Lettres Classiques
à
Monsieur le Ministre de l'Éducation Nationale


S/C Monsieur le Président du jury du Capes de Lettres Classiques

Nous, soussignés membres du jury du Capes de Lettres Classiques, avons fait savoir et tenons à faire de nouveau savoir notre franche et ferme opposition à la réforme présentée par l'Arrêté du 28 décembre 2009 fixant les sections et les modalités d'organisation des concours du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré, publié au Journal Officiel du 6 janvier 2010. Nous avons demandé à plusieurs reprises l'ouverture de la concertation qui avait été promise par le Ministère comme préalable à la publication des arrêtés, et qui n'a pas eu lieu. Nous tenons à rappeler ici les principaux points de contestation qui relèvent directement de notre
compétence:
- Concernant les épreuves écrites, nous déplorons le passage de 3 à 2 épreuves d'admissibilité, qui représente pour notre Capes pluridisciplinaire un préjudice considérable dans l'évaluation équitable de la triple compétence, en français et en langues anciennes, des futurs professeurs de collèges et lycées. La solution adoptée pour maintenir le grec et le latin à l'écrit du concours (à savoir une épreuve « fourre-tout » comportant une brève version latine, une brève version grecque et une question de civilisation) étant à la fois peu sérieuse et d'une invraisemblable complication, nous avons demandé instamment, au nom de la sauvegarde des humanités, la restauration de deux épreuves de version (latine et grecque).
- Concernant l'oral, nous estimons que la disparition de l'épreuve d'explication de texte latin ou grec, qui n'est nullement compensée par la question de culture antique intégrée à l'épreuve écrite de langues anciennes, est extrêmement dommageable à la formation des enseignants de lettres.
Dans la mesure où un concours de recrutement de professeurs ne peut se dispenser de vérifier leur aptitude scientifique dans toutes les matières qu'ils auront à enseigner, nous avons demandé soit la restauration de l'épreuve orale d'explication de texte en langues anciennes soit, à défaut, l'instauration d'un tirage au sort entre français et langues anciennes pour la « leçon ». Cette dernière solution nous semble un pis-aller acceptable dans la mesure où elle garantit la présence des langues anciennes à l'oral tout en s'inscrivant dans le nouveau cadrage.
- Nous pensons en effet que l'épreuve de didactique ne saurait suffire à vérifier les capacités des candidats à traduire et expliquer un texte en langues anciennes. Il est en effet déraisonnable de croire qu'il serait possible au cours d'une seule et même épreuve portant prioritairement sur l'étude critique d'un dossier pédagogique et sur « l'éthique du fonctionnaire », d'évaluer par surcroît, de façon sérieuse et approfondie, le savoir et les compétences disciplinaires en langues anciennes.
Compte tenu du fait que nos demandes réitérées de concertation sont demeurées sans réponse, compte tenu du fait que nos suggestions et notre avis ont été totalement ignorés des autorités compétentes, nous, soussignés, parce que nous ne souhaitons pas participer à un concours dont nous réprouvons le contenu, avons décidé, au nom de toute une discipline sérieusement menacée, de vous présenter collectivement notre démission du jury du Capes de Lettres Classiques à l'issue de la session 2009-2010.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos respectueuses salutations.


Aline Estèves (Maître de Conférences de Latin, Université MontpellierIII)
Anne de Crémoux (Maître de Conférences de Grec, Université Lille III)

Anne Vialle (Professeur agrégé de Lettres Classiques, CPGE et secondaire, Lycée Montaigne, Bordeaux)
Anne-Marie Favreau-Linder (Maître de Conférences de Grec, Université Clermont II)
Augustin d'Humières (Professeur agrégé de Lettres Classiques, Lycée Jean Vilar, Meaux)
Bénédicte Delignon-Delaunay (Maître de Conférences de Latin, ENS Lyon)
Danièle Sabbah (Maître de Conférences de Littérature Française, Université Bordeaux III)
Emmanuèle Caire (Professeur de Grec, Université Aix-Marseille I)
Françoise Jourdan (Professeur agrégé de Lettres Classiques, CPGE, Lycée Montaigne, Bordeaux)
Laure Echalier (Maître de Conférences de Latin, Université Montpellier III)
Malika Bastin-Hammou (Maître de Conférences de Grec, Université Grenoble III)
Marine Bretin-Chabrol (Maître de Conférences de Latin, Université Lyon III)
Maryse Palévody (Professeur agrégé de Lettres Classiques, CPGE, Lycée Saint Sernin, Toulouse)
Michèle Gally (Professeur de Littérature Française, Université Aix-Marseille I)
Michèle Guéret-Laferté (Maître de Conférences de Littérature Française, Université de Rouen)
Pascale Barillot (Professeur agrégé de Lettres Classiques, Lycée Camille Pissarro, Pontoise)
Sabine Luciani (Professeur de Latin, Université Grenoble III)
Sophie Gotteland (Professeur de Grec, Université Bordeaux III)
Thierry Brigandat (Professeur agrégé de Lettres Classiques, CPGE, Lycée Guist'hau, Nantes)
Thomas Guard (Maître de Conférences de Latin, Université de Besançon)
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Citation

Il y eut certes une reìponse, mais indirecte et accablante : adresseìe au preìsident du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond.

J'ai jamais été de gauche (pas vraiment de droite non plus), et j'ai déjà affiché mes idées sur le forum, surtout à propos d'économie. Mais en avril dernier à une table de café, je disais que DSK aurait un accident de voiture (bon je me suis trompé). Là, je pense franchement, et comme j'aime bien parier, je paie un resto à remarque, et tous les démissionnaires si je me trompe (un fast food!!!, dsl, faut que je sois un peu sérieux en ce moment): mais je vous parie que Hollande ne sera pas au premier ou ne sera pas au deuxième tour de l'élection présidentielle: il lui arrivera quelque chose avant.

Par contre, je recommande à Sarko de se méfier: ça va pas être facile que Bayrou ait aussi un accident de voiture: là son équation est vraiment vraiment très très difficile :D

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi



Edité 1 fois. La dernière correction date de il y a huit années et a été effectuée par christophe chalons.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Je signale en passant que Daniel Bennequin est quelqu'un qui a, selon l'avis d'un physicien de renom, des idées très poussées et originales en mécanique quantique... Bon, je vais continuer de faire la comère en allant voir d'autres noms...

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
J'imagine que la lettre de L.Chatel à CT ne sera pas rendue publique????? C'est dommage, on imagine d'ici le style à la fois "froid", légèrement compassionnel et faussement désintéressé, distancié et très administratif. Comme dans les fil "départ de CC", il y a des écrivains qui nous ont ébloui par leur inspiration et leur maniement raffiné de la langue française, je propose qu'on écrive une lettre dont on espère qu'elle ressemble le plus possible à cette lettre qu'on ne verra jamais. Ca réchauffera le coeur des démissionnaires de pouvoir arbitrer en secret, quel "écrivain" en herbe du forum réussit la meilleure imitation.

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Citation

Christophe ! C'est le moment de candidater au jury de l'agreg !

:)-D , moi j'aurais pas besoin de démissionner, je serais démissionné manu militari avant même de siéger :D

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
JLT
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Avant qu'Eric ne ferme ce fil : je connais le contenu de la lettre de Luc Chatel à C.T. :

Monsieur,

En réponse à votre courrier du (...), je tiens à vous faire remarquer qu'étant donné la baisse prévisible du nombre de candidats présents à l'écrit, votre tâche d'évaluation des épreuves d'admissibilité et d'admission s'en trouvera facilitée en proportion. D'ailleurs je vous laisse le soin de calculer vous-même cette proportion car moi j'ai un peu de mal avec la règle de trois.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Oh non, j'espère qu'EC ne le fermera pas. JLT, on voit que tu ne connais pas la suavité des tons ministériels. C'est beaucoup plus "méprisamment doux" que ça. Ca commence toujours par une fausse prise en compte du message auquel il répond, du genre:

"Mesdames et messieurs, c'est avec la plus grande attention que...."

suivi de phrases qu'on pourrait mettre partout

suivi d'un message codé qui dit "va te faire ..." et "t'as intérêt à tenir tes troupes", suivi ou précédé d'un petit sous-entendu menaçant, exprimé sur un ton qui voudrait légitimer la menace en question par une règle noble et juste..

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi



Edité 1 fois. La dernière correction date de il y a huit années et a été effectuée par christophe chalons.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Bon histoire de dire un truc sérieux dont le pouvoir en place, s'il était vraiment républicain, serait bien inspiré de tenir compte.

Bon, à tort ou à raison ya pu de fric... On connait le débat sur la BCE et le déficit de crédibilité des candidats qui proposent d'augmenter les moyens de l'E.N. sans dire à qui ils emprunteront, ou comment ils atténueront l'indépendance de la BCE (ou changeront son mandat (le lien wiki sur la BCE est pas mal)

Mais pour diminuer le nombre de profs, ils n'avaient effectivement pas besoin de faire leur fausse réforme "mastérisation". D'une part, ils ont fait vraiment du mal à l'image des maters (qui n'avaient pas besoin de ça), d'autre part, ils ont faussé l'image du métier d'enseignant (on ne manque absolument pas de "niveau" chez les profs de collège-lycée aujourd'hui, toutes matières confondues), et de plus, pour diminuer le nombre de profs recrutés, il suffit de mettre moins de postes aux concours et au moins c'est franc et républicain (et surtout plus sain).

Si des gens craquent et éprouvent le besoin d'offrir un sacrifice partiel pour dénoncer ce que tout le monde ressent depuis 5 ans, comme des gestes d'arnaque ou d'imposture (même dans le camps du prdt, et même parmi ses plus proches), c'est très bien.

En même temps, ce qui fait un peu froid dans le dos, c'est qu'on n'a jamais vu des gens sincères qui s'indignent faire le poids face à des gens prêts à tricher avec les valeurs les plus précieuses.

Qu'on soit de droite ou de gauche ou d'ailleurs, je pense que des deux côtés, il y a des arguments (personnellement, économiquement, je suis très méfiant de la façon dont la gauche se ment à elle-même parfois, et depuis longtmeps), et des arguments qui sont sincèrement soupesés.

Ce qui me semble important dans le texte que les démissionnaires produisent, n'est pas tant le désaccord sur le fond de la politique qui a été menée, mais l'expression, rendue publique, d'un doute à l'égard de la volonté du gouvernement français d'être sincère et honnête dans sa démarche.

Une lecture de ce message est: "ce qu'on n'aime pas et qui nous parait grave, c'est que vous trichez, vous trichez avec l'essentiel". C'est ce "vous trichez, on n'est pas dupe, ça nous choque, on démissionne" que j'ai envie de lire dans tout le couplet sur la mastérisation, et la dénonciation de l'improvisation et l'amateurisme avec lequel les réformes ont été mises en place.

Et franchement, je suis assez "cool" et modéré en général, mais ouiiii, j'ai peur que nous ayons assité à un quinquennat qui aura été l'avènement d'une tricherie plus visible, plus décomplexée et plus considérable que les habituelles tricheries des gouvernements "républicains" précédents.

Ce qu'il y a de nouveau, je crois dans les démarches de la sarkozie, c'est le côté à la fois "jeune" et pas très compétent des ministres, la fabrication de faux chiffres, et surtout, la stratégie occulte à échelle collective (la fausse réforme de la mastérisation pour "cacher" un autre truc, par exemple).

Les pouvoirs d'avant pouvaient, on l'imagine, faire assassiner un gars qui detenait un micro film par un tueur professionnel ou museler un journaliste, puis classer ça "secret d'Etat".

Aujourd'hui il semble se jouer une sorte de cryptographie à clé publique où on n'hésite pas à voter "de fausses lois" ou "des lois truquées" (donc que tout le monde peut voir) que 99% des gens ne détecteront pas comme tel. En réaction on voit des érudits (on peut supposer que des jurys d'agreg le sont) démissionner ou protester très fort, non pour exprimer un désaccord politique de fond, mais une dénonciation dudit truquage. Et c'est une affaire délicate parce que les truquages sont justement faits pour n'être vus que par les futés, et, bien sûr, ces futés s'ils sont honnêtes ne sont pas audibles.

Je sais pas ce que des gens comme Juppé (voir Fillon) en pensent. Par contre, prévoir les conséquences entropiques de 5% de "lois truquées" dans le droit (déjà qu'avec les vraies on a du mal), c'est vraiment hasardeux. Si la gauche revient au pouvoir, j'espère qu'elle ne continuera pas cette mode.

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi



Edité 2 fois. La dernière correction date de il y a huit années et a été effectuée par christophe chalons.
myrtille-la-douce
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Bonjour Christophe,

Je ne pense que la publication de cette lettre devrait être l'occasion de règlements de comptes politiques. Même si tout est politique, il faut éviter d'y voir une quelconque intrusion détournée dans le débat électoral. Les membres du Jury qui ont signé cette lettre, et au delà des signataires, les très nombreux membres du Jury qui l'ont approuvée, appartiennent à des familles politiques variées, et leur action se voulait avant tout un cri d'alarme devant les dérives dangereuses que connaît l'École au sens très large du terme, mais aussi il est vrai une réaction de colère sur la manière très cavalière avec laquelle le Jury a été traité par quelques fonctionnaires zélés.
Velluto a coste
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Et encore le texte ne dit pas un mot sur le niveau de ce qui est enseigné au collège et au lycée, que les agrégés soient balancés directement en cours ou pas. Sans oublier aussi l'école primaire où des amies en poste m'ont parlé de ces nouvelles techniques pour la division. Elles m'ont fait peur en me l'expliquant!
Une seule sanction pour débuter: en mettre un au maximum, grand maximum, en troisième position lors du premier tour.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
oui je suis d'accord avec toi, c'est ce qu'on y lit, dans leur motion et merci de nous informer que le reste du jury est largement solidaire de cette lettre.

Il me semble que c'est un peu ce que je témoigne de ma compréhension du texte, la politique rajoutée étant de moi et non de la lettre: en quelques mots, on peut s'alarmer de l'état de l'école ( qui s'était déjà crashée avant 2007, et même avant 2000), s'interroger sur les choix politiques, etc, etc. Mais un acte de démission (qui coute aux démissionnaires, ce n'est pas un truc facile et sans conséquence) accompagné d'une publication d'un "pourquoi" est un geste qui dénonce non pas la faim dans le monde ou de mauvais choix politiques, mais un grave dysfonctionnement de "forme".

Pour ma part (ça n'est pas écrit dans le texte des démissionnaires), je choisis personnellement de qualifier de "démarche générale trichante" l'attitude du ministère de Luc Chatel, et pas seulement "de maladresses dues à de l'incompétence de ses techniciens ou cadres"

Je ne suis pas coutumier de ça, j'ai souvent répondu à NP et d'autres sur le forum dans des fils hors-maths de débats d'idées (réforme des programmes de secondes en 2009, etc, etc), en m'opposant à eux et en qualifiant "d'erreurs dues à l'incompétence" des choses qu'ils voyaient comme intentionnellement préméditées servant un but politique. Autrement dit, j'ai souvent adopté une position opposée à celle que j'ai ici.

Mais la description assez détaillée du texte des démissionnaires et la cerise sur le gateau finale me persuadent qu'on n'est pas dans le registre de l'incompétence seule du ministre. Une réponse par écrit volontairement méprisante où un ministre ou représentant du ministre montre à une instance reconnue** qu'on dégage ses questions d'un revers de la main n'est jamais une maladresse involontaire, c'est toujours quelque chose de construit***.

**Le moins qu'on puisse dire est que je ne suis pas suspect d'éxagérer, vu tout ce que j'ai pu écrire sur l'agreg ici même.

*** les jurys de recrutement de professeurs sont peu nombreux et se réunissent une fois par an pour statuer. L'alibi du "pardonnez-nous, nous ministère nous recevons tellement de doléances, notre réponse a été un peu hative, le cadre le plus compétent était en congé à ce moment, c'est le stagiaire qui a écrit la réponse" n'existe pas dans ce cadre.

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
je répondais à myrtille

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
JLT
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Citation
Velluto a coste
nouvelles techniques pour la division

De quoi s'agit-il ?
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Citation
Velluto a coste
Sans oublier aussi l'école primaire où des amies en poste m'ont parlé de ces nouvelles techniques pour la division. Elles m'ont fait peur en me l'expliquant!

Je veux bien deux ou trois billes sur ce sujet.

Le café est un breuvage qui fait dormir,
quand on n’en prend pas.
-+- Alphonse Allais -+-
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
[www.youtube.com]

peut-être ça ?
yannguyen
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
C'est aussi peut-être l'occasion de rappeler à votre attention ce texte important de Pierre Colmez, car tout au fond est lié
[attachment 22634 Prepa.pdf]



Edité 1 fois. La dernière correction date de il y a huit années et a été effectuée par AD.
Pièces jointes:
ouvrir | télécharger - Prepa.pdf (163.9 KB)
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
yannguyen : la méga blague c'est que le nouveau programme de maths en CPGE ca sera presque plus de géométrie, moins d'algèbre et plein de probas. A coté on nous promet un semestre d'entrainement au calculs en début de sup.

Pour l'agreg je soutiens à 200% les membres du jury, je trouve juste un peu triste que ces démissions soient partielles. Que faut-il penser des 3/4 restants ? S'ils ne se positionnent pas, même mollement face à ces dysfonctionnements, cela donne l'impression qu'ils consentent entièrement.
Au passage j'ai un peu peur que le président du jury ne devienne un fusible dans cette histoire. Si les initiales CT font références à qui je pense, cela me désolerait.



Edité 1 fois. La dernière correction date de il y a huit années et a été effectuée par deufeufeu.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
La dessus faut être totalement clair: un président de jury de concours administratif n'est en rien responsable des démissions de membres de jury, connus et éminents en général pour nombre d'entre eux, qui décident de refuser de cautionner une attitude gouvernementale extérieure.

Sinon, tout aussi bien et même encore plus, le fonctionnaire qui a rédigé la lettre "au nom du ministre" a sa responsabilité engagée: en effet, il est bien spécifié dans le texte, qu'en fonction de la réponse qu'ils auraient obtenu, les démissionaires d'aujourd'hui ne le seraient pas s'ils avaient obtenu une réponse ne serait-ce que respectueuse de la question posée (et pas forcément "favorable"), qui, quand-même manifestement, n'était qu'une question purement pratique et matérielle, voire même "sanitaire", d'organisation des oraux.

Analogie: imaginons que le dirlo administratif d'air france donne l'ordre à un avion surchargé de décoller. Le copilote et le techniciens refusent et décident de descendre par principe de sécurité et protection des 500 voyageurs.. Le pilote signale la situation au dirlo administratif d'air france qui*** donne l'ordre (hautement criminel) de décoller quand-même en pilotant seul. Quoique fasse le pilote, ce n'est de toute façon pas lui vers qui se retourneront les vengeances égoistes du dirlo admin, à moins qu'on soit tombé vraiment très très bas

*** en admettant que ledit dirlo admin reçoive l'ordre d'encore plus haut dans la hiérarchie.

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
ev
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
C'est marrant.

J'ai l'impression que les membres du jury démissionnaires ont donné le corrigé de l'épreuve << agir en fonctionnaire tralala... >> avant de donner les sujets.

Amicalement,

e.v.



Edité 1 fois. La derni&egrave;re correction date de il y a huit ann&eacute;es et a &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e par AD.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Pour ceux dont les messages ont été cachés. Merci de suivre le conseil sage de Myrtille et de
ne pas transformer ce fil en troll politique.

Eric
ptolemee
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Une dépêche du Monde à l'instant en parle: [www.lemonde.fr]
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Chaque fois que je lis dans un journal un article concernant un sujet que je connais, je constate des imprécisions ou des erreurs. Ça m'inquiète.

Citation
Le Monde
Un exemple ? Les normaliens ne viennent quasiment plus. "Les années précédentes, on en comptait plusieurs dizaines. A la session dernière, nous n'en avions qu'un seul", se désole René Corie, membre du jury démissionnaire.

En fait, d'après le rapport du jury, 62 candidats normaliens dont 61 admissibles et 60 admis...
vg
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Peut-être s'agit-il du CAPES? C'est confus. Le passage :

Le hic, qui ne plait guère aux jurés démissionnaires, et qui ne devrait pas vraiment ravir les candidats, c'est que le nombre d'admissibles va baisser. Ces dernières années, il y avait un candidat admissible pour 2,25 candidats qui se présentaient. Fini. Leur nombre va descendre à un admissible pour 1,85 candidats.

est clairement mauvais.
tenuki_pas_loggé
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Juge Ti écrivait:
-------------------------------------------------------
> Chaque fois que je lis dans un journal un article
> concernant un sujet que je connais, je constate
> des imprécisions ou des erreurs. Ça m'inquiète.

Là, il n'y a que ça (dans l'ordre chronologique) :

1) RC qui est René Cori(e), avec ou sans e (une recherche sur le plus connu des moteurs de recherche règle l'affaire).

2) CT qui est Charles Torosian au lieu de Charles Torossian (pareil).

3) "Depuis la réforme de la mastérisation – qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5 –" alors qu'il fallait une maîtrise (puis un M1) pour candidater à l'agrégation.

4) " le nombre de candidats est tombé de 2 965 en 2010 à 1 285 en 2011." : le rapport nous apprend qu'il y avait 2332 candidats inscrits (1177 présents aux épreuves écrites) en 2010, 2500 (1124 présents aux épreuves écrites) en 2011. Je ne sais pas d'où sortent les chiffres inventés là, au départ ; et puis en fait si, je comprends à la lecture de la ligne d'après : on a confondu allègrement CAPES et agrégation ! Cela dit, en regardant le rapport du CAPES, on se rend compte que les chiffres sont encore fantaisistes : il y avait 2695 présents en 2010, 1285 en 2011. Bon, il n'y a plus qu'une interversion de deux chiffres dans une statistique qui n'est pas la bonne. On progresse.

5)" Un exemple ? Les normaliens ne viennent quasiment plus. "Les années précédentes, on en comptait plusieurs dizaines. A la session dernière, nous n'en avions qu'un seul", se désole René Corie, membre du jury démissionnaire." : ça je ne peux pas y croire puisque je suis passé devant René Cori, que j'ai assisté à un oral où quelqu'un est passé devant René Cori, et que nous étions tous deux normaliens smiling smiley Plus sérieusement, les statistiques du rapport démentent encore ça. Est-ce que RC a dit quelque chose d'approchant ? De très mal interprété par la journaliste ? On ne le saura pas.

6) "Le hic, qui ne plait guère aux jurés démissionnaires, et qui ne devrait pas vraiment ravir les candidats, c'est que le nombre d'admissibles va baisser. Ces dernières années, il y avait un candidat admissible pour 2,25 candidats qui se présentaient. Fini. Leur nombre va descendre à un admissible pour 1,85 candidats." : donc ça veut dire que si j'ai 333 candidats, j'en avais 148 d'admissibles avant et j'en ai 180 maintenant (j'ai fait un calcul mais comme moi j'ai suivi des cours de maths en 3ème, j'ai simplifié par les ppcm). La journaliste en conclut qu'il y a moins d'admissibles maintenant qu'avant. Brillant.

Je ne sais pas combien de temps la journaliste a pris pour *réfléchir* à ce qu'elle écrivait. Autant je veux bien admettre que dans ce que je cite, il y a des subtilités pour qui ne connaît pas le concours, mais il y a aussi des âneries sans nom (deux orthographes différentes pour la même personne, ou mon point 6). Bref, l'article est légèrement décrédibilisé à mes yeux.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Citation
tenuki_pas_loggé
6) "Le hic, qui ne plait guère aux jurés démissionnaires, et qui ne devrait pas vraiment ravir les candidats, c'est que le nombre d'admissibles va baisser. Ces dernières années, il y avait un candidat admissible pour 2,25 candidats qui se présentaient. Fini. Leur nombre va descendre à un admissible pour 1,85 candidats." : donc ça veut dire que si j'ai 333 candidats, j'en avais 148 d'admissibles avant et j'en ai 180 maintenant (j'ai fait un calcul mais comme moi j'ai suivi des cours de maths en 3ème, j'ai simplifié par les ppcm). La journaliste en conclut qu'il y a moins d'admissibles maintenant qu'avant. Brillant.

Tant que ce n'est qu'une journaliste. Le hic avec l'état actuel de la France, c'est que on n'est pas loin du stade où ce seront les ingénieurs qui en seront à ce niveau.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Si on lit bien l'article du Monde le président a retrouvé 35 nouveaux, donc +5 pour le président....

On pourra jouer au qui remplace qui quand on aura la liste des 35. Des pronostics?
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Merci pour le lien vers l'article du monde et les commentaires sur les grosses imprécisions. Je suis ravi de l'attitude du Jury (que l'année dernière je considérais comme inhumain : j'étais du mauvais côté de la barrière à l'époque !) mais je me rends compte que certains ont une conscience, si ce n'est politique, au moins de la valeur de l'Ecole et du sérieux de ce concours de recrutement.
Je suis atterré par le manque de rigueur du journaliste du Monde. Non seulement des erreurs dignes de la primaire sont faites dans les déductions mais en plus le coup de projecteur souhaité par les démissionnaires s'en trouve biaisé je trouve : à la lecture de l'article on a l'impression que l'agrégation de mathematiques a été presque désertée par les normaliens et que les lauréats, normaliens ou non, déméritent (et en tant que lauréat 2011 dont l'année de préparation à été difficile là je dis NON!). Il me semble que la décision de ces jurés de présenter leur démission avait comme objectif de faire réagir l'état mais aussi le plus grand nombre sur leur souhait de conserver le niveau d'excellence qui caractérise ENCORE l'agrégation.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Citation

sur leur souhait de conserver le niveau d'excellence qui caractérise

tout est relatif, même moi j'ai été reçu :)-D et je ne suis pas ce qu'on peut appeler "une attestation d'excellence". D'ailleurs le texte de la motion contient quand-même quelques passages où la session 2011 est sous-entendue un peu moins "concurrencée"... De toute façon, ça n'a franchement pas d'importance, un concours administratif est un accès à une échelle de salaire, on ne vit plus vraiment dans un monde (enfin c'est presque fini) où ce genre de prestige existe et a de l'importance (ie par prestige j'entends quand "avant" les gens disaient "je suis agrégé" ou "je suis ceci" ou "je suis cela" donc je suis "costaud/expert/intellectuel" ou je ne sais quoi. Les outils internet, la fragmentation sociétale, etc, font qu'aujourd'hui, si tu veux un label "expert" faut carrément et franchement explicitement passer un test sur lequel il ya formellement écrit "test d'accès au label d'expert" tout simplement. Le prestige "atmosphérique" qui se balade dans l'air, dans notre monde actuel, c'est immédiatement dissipé par les ondes des millions de portables, et l'entropie de toutes activités internet et cie.

Bon, mais je n'en dis pas plus, je ne veux pas risquer de tomber dans la politique: je redis que la dernière partie du texte me semble d'une très grande importance (je crois que j'ai encore un post non caché qui détaille un peu ce point). Il n'y a pas seulement un cri d'alerte sur l'état de l'école, mais une volonté de porter à la connaissance du public un précédé absolument "incroyable" et concret dans ce contexte. Je n'ai pas lu l'article du monde (j'y vais le lire là), mais ils se fourvoient en essayant de vouloir "exagérer sur le fond". Il y a déjà une forme (la réponse insultante, méprisante et provocatrice du ministère) qui est dénoncée et il y a eu des temps dans le passé, où l'insulté prenait les armes et ça déclenchait des guerres.

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Oh ouiii purée cet article est vraiment baclé!!!! thumbs up

Signature: aide les autres comme toi-même car ils SONT toi, ils SONT VRAIMENT toi
ptolemee
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Sur l'histoire de la citation de Cori concernant les normaliens, la seule explication possible serait qu'il ne parle que de ceux d'Ulm, où la baisse a sans doute été plus franche, pour forcir le trait (la prépa agreg était fermée d'ailleurs). Faudrait donc savoir si effectivement un seul Ulmien l'a passée l'année dernière, auquel cas la citation peut encore être une approximation de la journaliste qui aurait résumé "ENS Ulm" en "ENS".

La dépêche du Figaro est très factuelle, ne reprenant que le communiqué [www.lefigaro.fr] Sur Rue89 la lettre est mise en page verbatim, sans autre commentaire [www.rue89.com] Sur Libération, la rubrique Sciences fait une petite introduction qui précède la lettre verbatim [sciences.blogs.liberation.fr] Sur RTL c'est un article au titre "L'enseignement, un métier qui ne fait plus du tout rêver !" qui en parle, avec introduction chiffrée puis extraits de la lettre [www.rtl.fr] Et sur tf1.fr un très court entrefilet qui de plus omet le mot "mastérisation" [lci.tf1.fr] Voilà pour les médias grand public, en gros.
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
> Pour l'agreg je soutiens à 200% les membres du
> jury, je trouve juste un peu triste que ces
> démissions soient partielles. Que faut-il penser
> des 3/4 restants ? S'ils ne se positionnent pas,
> même mollement face à ces dysfonctionnements, cela
> donne l'impression qu'ils consentent entièrement.
> Au passage j'ai un peu peur que le président du
> jury ne devienne un fusible dans cette histoire.
> Si les initiales CT font références à qui je
> pense, cela me désolerait.

Bonjour, je n'interviens pas ici en tant que webmaster@agreg.org mais en mon nom propre.

Comme beaucoup de membres du jury, je soutiens pleinement mes collègues et amis démissionnaires. Comme beaucoup également, je m'étais engagé à suivre le mouvement jusqu'à la démission éventuelle. Une membre du jury, amie également, a jugé avec raison grotesques ceux qui prennent un tel engagement et ne l'honorent pas. Les raisons qui m'ont poussé à ne pas aller au bout de ma démarche (position particulière, mais nul n'est irremplaçable, utilisation de ClefAgreg cette année, amitié pour CT, etc) sont multiples, banales et certainement insuffisantes. Tout en étant grotesque donc, je souhaite affirmer ici mon soutien à leur démarche et je tiens à souligner l'importance que représente cette démission pour les signataires; beaucoup d'entre eux, parfois nouvellement nommés, parfois «piliers» du jury, ne souhaitaient pas en arriver là. J'espère que leur démarche sera reçue comme elle le mérite.

François Boisson
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Ces gens ont finalement compris que bientôt tous les enseignants seront recrutés sur titre (et sur leur expérience professionnelle) au SMIC (ou pas beaucoup plus) par les responsables de la structure éducative dans laquelle ils officieront et que par conséquent CAPES et AGREGATION seront devenus inutiles. (pour ces concours, les gens ne sont pas sélectionnés sur leur aptitude à l'enseignement mais on vérifie qu'ils n'ont pas usurpé leur diplôme c'est dire la confiance que l'éducation nationale a en elle-même)
Par ailleurs, à quoi cela rime dans une période de rigueur budgétaire de donner deux salaires différents pour le même travail? smoking smiley
bs
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Bonjour,

Même si du très beau monde a signé ce texte, comparé à la catastrophe rencontrée par nos amis japonais le 11 mars 2011, le titre de ce fil est peut-être un peu "fort" (excessif); de plus, apparemment

Citation

Si on lit bien l'article du Monde, le président (du jury) a retrouvé 35 nouveaux,...

A suivre...

Hors sujet: j'ai trouvé ce document concernant la rémunération des membres du jury: [www.lamaisondesenseignants.com].
Curiosité: concrètement, à combien s'élève (ou s'abaisse) le montant des indemnités accordées aux membres du jury de l'agrégation de mathématiques lors d'une session complète ? Question subsidiaire: ces indemnités sont-elles imposables ou non ? Merci.

[J'ai bien compris que ce n'était pas là le motif du mécontentement ;) ]

Amicalement.



Edité 5 fois. La derni&egrave;re correction date de il y a huit ann&eacute;es et a &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e par bs.
steph0726
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
Bonjour,
existe-il une pétition de soutien vis à vis du Jury?
(Je ne comprends pas que nos plus grands chercheurs, association(apmep),......ne se mettent pas au devant de la scène médiatique pour défendre l'enseignement des sciences. Il y a quelques années (1998?), J.P Demailly s'était bien retrouvé seul dans ce type de combat).
steph0726 écrivait:
-------------------------------------------------------
> (Je ne comprends pas que nos plus grands
> chercheurs, association(apmep),......ne se mettent
> pas au devant de la scène médiatique pour défendre
> l'enseignement des sciences.

Et qu'est-ce qui te fait dire qu'ils n'essayent pas de le faire !? Il y a eu une mobilisation assez nette au moment où cette réforme est passée.
ccnc
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
@steph
La smf publie régulièrement des motions (qui restent lettre morte). L'apmep est assez timlide il est vrai (et je crois qu'elle contient quelques idéologues un peu "suivistes"), mais de toute façon elle n'a aucun poids. Dans le cas présent, de toute façon, le jury d'agreg est plus médiatiquement impressionnant en tant que tel pour la moyenne des gens que des associations non décidantes, donc ça n'aurait pas plus de sens que ça que "l'APMEP" soutienne des jurys démissionnaires habituellement tenus au devoir de réserve (donc leur geste est censé être reçu fortement). Ce serait (du point de vue sociétal) comme si des médecins faisaient grève réellement (sans service de garde) et que les secrétaires de la mairie d'à côté signaient une pétition pour dire qu'elles sont "pour" cette grève.

Par ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, faut comprendre que ce genre de geste n'est pas que idéologique, mais dénonce une faute ponctuelle et précise du ministère (la "non réponse"). Je ne pense pas que des jurys de concours démisionnerait tous les 4 matins pour alarmer sur des "politiques générales de long terme". Il y a bien deux messages à recevoir, dont un, le principal, qui ne regarde d'une certaine façon, même pas les autres associtations (qui sont depuis longtemps méprisées et l'ont accepté).

Au mieux elles pourraient dire "ah, oui oui, nous aussi on nous traite comme ça", mais le problème (pas la SMF of course) c'est que certaines d'entre elles ont produit des messages laissant entendre qu'elles en redemandaient (d'être traitées comme ça)
Re: Un Tsunami au Jury de l'Agrégation
il y a huit années
avatar
Si j'ai bien tout saisi il y a effectivement deux ressentiments.
L'un, partagé par la quasi intégralité du jury, sur la manière cavalière avec laquelle il s'est fait malmené la saison dernière. L'incendie aurait pu être éteint promptement avec un peu de diplomatie, compétence étrangère au gouvernement actuel.

L'autre, ne faisant pas l'unanimité, est le fait que pour certains il faille voir derrière cela la traduction d'une politique générale catastrophique de l'enseignement. Un jury comptant des sensibilités très disparates on comprend bien qu'une petite partie d'entre eux seulement puisse exprimer cela. Ne serait-ce qu'en terme de possibilité d'expression on ne peut pas mettre sur le même plan, un IG, ou un prof de prépa et une enseignant chercheur pour qui une prise de position n'aura AUCUNE conséquence sur son évolution professionnelle. Je salue d'autant plus les collègues enseignants en prépas qui ont le courage d'affirmer leurs positions* alors que cette démission sera mise sur le tapis à chaque demande de mutation ou de promotion....

Maintenant la question c'est pourquoi en ce moment ? Avec la série d'articles négatifs sur l'élitisme presumé dans l'enseignement français. On se demande si ce n'est pas vraiment le meilleur moment pour donner des raisons de supprimer tout le système. Je pense notamment à la communication récente du monde.

* : En même temps j'ai moi-même des prises de position dans ce forum alors que mon identité est un secret de polichinelle. J'espère que cela ne me suivra pas winking smiley
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